À Grenoble, le réemploi sportif est bien plus qu’une histoire de déchets

Donner une seconde vie à une paire de skis, un vélo ou une veste technique, c’est déjà agir pour l’environnement. Mais à Grenoble, le réemploi sportif va bien au-delà de la question des déchets. Il touche aussi à l’accès au sport, à la réparation, aux mobilités et à l’inclusion.

C’est ce que rappelle un récent article publié par l’ADEME, consacré aux initiatives de réemploi sportif à Montpellier et Grenoble.

Réemployer plutôt que jeter

Chaque année en France, près de 100 000 tonnes d’articles de sport deviennent des déchets. Pourtant, une partie de ces équipements pourrait encore être utilisée.

C’est précisément là que la Recyclerie Sportive intervient.

À Grenoble, nous collectons des équipements sportifs qui ne sont plus utilisés : skis, vêtements techniques, rollers, matériel de sports nautiques, de raquette, d’arts martiaux, de fitness ou encore vélos.

Après la collecte, place au tri. Certains équipements peuvent être directement remis en circulation, d’autres nécessitent une réparation ou une remise en état.

En 2025, l’antenne grenobloise a ainsi collecté 12 tonnes de matériel, dont 10,9 tonnes ont été réemployées, soit un taux de réemploi de 84 %.

Derrière ces chiffres, il y a surtout des équipements qui ne finissent pas à la poubelle et qui peuvent continuer leur vie avec de nouveaux utilisateurs.

À Grenoble, le sport n’est pas accessible à tout le monde de la même façon

Grenoble est entourée de montagnes. Pourtant, vivre à proximité des massifs ne signifie pas forcément pouvoir pratiquer facilement les sports qui y sont associés.

Le coût du matériel peut être un frein important. Mais il existe aussi des freins culturels, sociaux ou simplement liés au fait de ne pas savoir par où commencer.

La seconde main permet de lever une partie de ces obstacles.

En proposant des équipements à prix réduit, la Recyclerie Sportive permet à davantage de personnes de s’équiper pour découvrir ou reprendre une activité sportive.

Et parfois, le premier pas est simplement de pouvoir acheter une paire de skis, une veste ou un casque sans avoir à investir plusieurs centaines d’euros.

Réparer plutôt que remplacer

Le réemploi ne consiste pas uniquement à revendre du matériel d’occasion.

Il passe aussi par la transmission.

À Grenoble, nous organisons des ateliers et des permanences de co-réparation qui permettent aux participant·es de venir entretenir ou réparer leur matériel, mais aussi d’apprendre les gestes nécessaires pour pouvoir le faire eux-mêmes.

En 2025, près de 1 000 personnes ont participé à ces ateliers et permanences.

Réparer un vélo, entretenir son matériel ou remettre en état un équipement sportif, c’est apprendre à prolonger sa durée de vie plutôt que de considérer son remplacement comme la seule solution.

C’est aussi retrouver une forme d’autonomie face aux objets que nous utilisons quotidiennement.

Le vélo, autre terrain d’action

À Grenoble, cette logique s’applique également aux mobilités.

La vente de vélos d’occasion et les interventions menées notamment auprès des étudiant·es et sur les campus participent au développement des mobilités actives.

Les ateliers de réparation jouent ici un rôle important : avoir un vélo est une chose, savoir l’entretenir et pouvoir le réparer en est une autre.

Comme le souligne l’ADEME, développer l’usage du vélo ne repose pas uniquement sur la construction de pistes cyclables. Il faut aussi créer tout un environnement qui facilite son utilisation.

La réparation et le réemploi en font partie.

Un même modèle, plusieurs enjeux

C’est probablement ce qui caractérise le mieux notre action à Grenoble.

Au départ, il y a une question simple : que faire de tout ce matériel sportif qui n’est plus utilisé ?

Mais lorsqu’on commence à le collecter, le réparer et le remettre en circulation, d’autres sujets apparaissent.

On parle de déchets, bien sûr.

Mais aussi de pouvoir d’achat.
D’accès au sport.
De transmission de savoir-faire.
De mobilités actives.
D’inclusion.
De consommation plus responsable.

Le réemploi devient alors un outil parmi d’autres pour accompagner les transitions d’un territoire.

À Grenoble, faire circuler le matériel… et les pratiques

Notre rôle n’est donc pas simplement de détourner des équipements de la poubelle.

Nous cherchons à faire en sorte que ces équipements continuent à servir : qu’un vélo roule à nouveau, qu’une paire de skis retrouve la montagne, qu’une veste soit portée par quelqu’un qui en avait besoin ou qu’un équipement cassé puisse être réparé plutôt que remplacé.

Et surtout, que ces pratiques deviennent progressivement plus accessibles et plus évidentes.

À Grenoble, le réemploi sportif trouve naturellement sa place dans un territoire où les questions de sport, de montagne, de mobilité et de transition écologique sont étroitement liées.

Un équipement qui ne dort plus dans un placard, qui n’est pas jeté et qui retrouve un utilisateur : c’est déjà une petite transition en mouvement.